Reportage chantier
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14/11/2017

Impossible de ne pas être surpris par son originalité. Avec ses 4 immeubles de logements perchés sur un socle, l’ilot “Famille Passion” symbolise le renouveau de la Valette du Var (83). A la manœuvre, l’entreprise Léon Grosse qui répond à un cahier des charges ambitieux en jonglant avec les matériaux et les techniques, dont des ThermoPrédalles® KP1 pour les planchers d’étages.

 

L’opération A du programme "Grand Sud Passion“ qui mixe logements et commerces se caractérise par des choix architecturaux ambitieux : des appartements en surplomb, des balcons décentrés en structure métallique, des toits végétalisés ou encore une vêture en métal déployé de couleur or qui viendra couronner les bâtiments et signera l’entrée Nord/Est de la Valette du Var, à quelques kilomètres de Toulon.

« L’ilot est vraiment très technique, explique Hervé Serbelloni conducteur de travaux Léon Grosse. Il se compose d’un socle de 3 étages de parking et d’espaces commerciaux donnant sur l’avenue de l’Université, supportant, à chaque angle, 4 tours de logements avec des façades en porte à faux de 3 m dans le vide. » Autres gestes architecturaux forts : un grand hall d’entrée et un superbe escalier métallique extérieur en colimaçon desservant l’immense dalle végétalisée donnant accès aux bâtiments. De 8 étages chacun pour un total de 74 appartements du T2 au T5, ils bénéficient de terrasses intermédiaires et de toitures végétalisées.

 

Le choix déterminant des ThermoPrédalles®

Côté gros œuvre, le projet était initialement prévu en structure poteau-poutres et plancher béton avec des façades habillées d'un système de bardage isolant.

« Cela ne passait pas au niveau budget et nous avons, dans un premier temps, envisagé une variante en isolation répartie que nous avions utilisé pour la première partie du programme, précise Hervé Serbelloni. Informés du lancement des ThermoPrédalles® KP1 qui assurent l’isolation des ponts thermiques des planchers tout en respectant la réglementation parasismique, nous avons repris nos calculs, comparés les coûts et, finalement, choisi cette solution avec des voiles en béton banché et une isolation par l’intérieur. » L’autre facteur qui a fait pencher la balance est la présence de voiles en façade avec juste une lasure de finition. « Le béton doit être très propre, ce qui n’est pas toujours le cas du béton allégé isolant qui nécessite énormément de mouillage au coulage et une mise en œuvre assez complexe. »

 

 

Une élévation en parallèle

La superficie des immeubles n’étant que de 250 m² par étage avec un maximum de 3 appartements, soit une grande villa, comme se plait à dire Hervé Serbelloni, le challenge a été de travailler sur les 4 tours avec juste une seule grue placée au centre, faute de place pour en installer une seconde.

“Nous avons monté les 4 immeubles en parallèle avec deux équipes en plancher et deux équipes en banches, détaille ce dernier. Et c’est là que la ThermoPrédalle® KP1 a été un atout déterminant par sa productivité. Après une journée de préparation pour l’étaiement, le camion KP1 arrivait, nous mettions les ThermoPrédalles® en place en moins de deux heures, ce qui libérait la grue pour les banches. C’était une optimisation efficace pour l’organisation du chantier, car des planchers en coffrage et ferraillage auraient beaucoup plus saturés la grue. » Un bilan positif et, du coup, un regret. « Je suis arrivé sur le projet en juillet 2016, trois mois après le début du programme et, si c’était à refaire, nous aurions très probablement passé les planchers des parkings également en prédalles pour gagner du temps sur les réservations, alléger le ferraillage et accélérer le coulage du béton. »

 

Des sous-faces et des joints parfaits

Cette décision de passer en prédalle a, toutefois, soulevé des interrogations de la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre sur la qualité des sous-faces et les risques de fissuration au niveau des joints. « Nous les avons convaincus avec l’aide de Pierre Saut, le responsable Commercial et Développement de KP1. En profitant d’un chantier voisin en ThermoPrédalles® qui utilisait, lui aussi, un nouveau produit de jointoiement à base d’acrylique plus performant suivant un mode opératoire très précis, précise Hervé Serbellonni. Cela fait maintenant plus de 6 mois que le dernier plancher est coulé et nous n’avons pas détecté une seule fissure alors qu’en coffrage béton traditionnel, il y en a toujours quelques-unes qui apparaissent à un moment donné et qu’il faut traiter. »

Un sans-faute réalisé par les compagnons de Léon Grosse en deux temps : une première passe de produit pour remplir le creux du joint puis une deuxième passe de lissage et finition, en respectant scrupuleusement les temps de séchage. Le tout sous la vigilance de Christian Piron, le chef de chantier.

 

Une finition facilitée

“Cette technique apportent un vrai gain de temps en finition de plafonds, continue Hervé Serbelloni. En coulé en place, les joints des contreplaqués sont parfois mal alignés. Il faut les poncer et reprendre plus souvent les finitions notamment si on utilise du ruban adhésif pour éviter que la laitance passe entre les plaques. Ce scotch orange a tendance à se décoller avec l’humidité, à se prendre dans la maçonnerie et il faut les enlever. De même, les réservations des prédalles faites en usine tombent au bon endroit, alors que ce n’est pas toujours le cas en coulé en place. »

Un coût global compétitif

Reste enfin les questions de budget. « Je n’étais pas totalement convaincu au départ mais le bilan du chantier m’a fait changer d’optique, reconnait Hervé Serbelloni. La précontrainte est un coup supplémentaire mais si on met en face la réduction des postes de main d’œuvre, les gains de productivité et la qualité de finition générée, on arrive au même équilibre financier, la tranquillité d’esprit en plus. »

Après 12 mois intenses de gros œuvre, contre 13 initialement prévu, réalisé avec une moyenne de 15/20 compagnons, l’heure est désormais aux corps d’états techniques, aux finitions et à la végétalisation des terrasses, pour une livraison en fin d’année.

 

 « Je n’ai jamais fait un chantier en prédalle dans sa totalité mais je vais étudier sérieusement la question pour ceux à venir quand je vois le temps, la productivité et la qualité que l’on engendre derrière. De plus, KP1 nous a bien épaulé et j’ai apprécié la démarche. »

 Hervé Serbelloni, conducteur de travaux et Christian Piron, chef de travaux Léon Grosse

 

 

 

Fiche technique

Maître d'ouvrage : SPL Méditerranée

Architecte mandataire : CABINET J. SIAME

BET TCE : OTEIS

Paysage : PETEL

Entreprise générale : Léon Grosse

 

Les autres spécificités du chantier

 

Les portes à faux de 3 m des tours. Pour en tenir compte, la dalle béton du socle a une épaisseur de 60 cm dans les angles et de 30 cm au centre, du fait de la végétalisation.

 

Les terrasses R+ 2 et les toitures végétalisées. Les planchers reprenant des charges d’1 à 1,5 tonnes, l’épaisseur de terre atteignant 1 m de substrats afin de privilégier la biodiversité locale et permettre la croissance des arbres. A noter, la présence de panneaux photovoltaïques pour l’eau chaude sanitaire.

 

 

Les balcons métalliques. Si ce choix architectural fort - aucun balcon n’est aligné - a simplifié la phase gros œuvre en limitant les coffrages dans le vide et les ferraillages en attente, il a nécessité d’intégrer des consoles d’accueil en façade et d’assembler les éléments (structure métallique, garde-corps et platelage) sur le socle, avant un grutage pointu et un boulonnage par les équipes de l’entreprise de charpente métallique Phocea.

 

 

Les appartements. Menuiseries PVC double vitrage haut de gamme, cloisons acoustique, chauffage électrique radiants… les éléments structurels sont tous de qualité afin d’assurer un très bon confort de vie.